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Shell multiplie par trois son bénéfice net au 2e trimestre, à 10,8 milliards de dollars
information fournie par Boursorama avec AFP 30/07/2026 à 13:09
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( AFP / BEN STANSALL )

( AFP / BEN STANSALL )

Le géant britannique des hydrocarbures Shell a publié jeudi un bénéfice multiplié par trois au deuxième trimestre, profitant de prix élevés et de la volatilité des cours avec la guerre au Moyen-Orient, une hausse spectaculaire qui relance les appels à taxer davantage les majors pétrolières.

Le bénéfice net part du groupe est ressorti à 10,8 milliards de dollars sur la période, contre 3,6 milliards un an plus tôt, précise Shell dans un communiqué - où il prévient toutefois que le conflit pèse sur les volumes.

"Les performances opérationnelles de Shell ont permis d'obtenir des résultats très solides au cours d'un trimestre à nouveau marqué par de graves perturbations sur les marchés mondiaux de l'énergie", résume le directeur général de Shell, Wael Sawan.

Le chiffre d'affaires de Shell a quant à lui progressé de 45% à 96,4 milliards de dollars. Le groupe annonce le lancement d'un nouveau programme de rachat d'actions de 3 milliards de dollars.

Ces chiffres, meilleurs qu'attendu par le marché, soutenaient le cours de Bourse de Shell, en hausse d'environ 1% à la Bourse de Londres jeudi matin.

L'envolée du bénéfice "reflète des prix réalisés plus élevés", mais aussi une intensification du négoce du brut et des produits pétroliers comme du gaz naturel liquéfié (GNL), développe l'entreprise.

Chiffres "obscènes"

Shell, comme les autres grands groupes énergétiques, tire profit de ses activités de négoce d'hydrocarbures, alors que les cours du pétrole et du gaz oscillent entre fortes hausses et lourdes pertes au gré des développements de la guerre entre les États-Unis et l'Iran.

Autre grande major du secteur, le géant français pétrogazier TotalEnergies a annoncé la semaine dernière un doublement en un an de son bénéfice net du deuxième trimestre, à 5,4 milliards de dollars.

Ces résultats vertigineux ravivent les critiques envers les géants du secteur et les appels à taxer leurs superprofits.

"Pendant que des familles et des pompiers dans toute l'Europe luttent contre des feux de forêt dévastateurs, Shell profite de la guerre de Trump et redouble d'efforts dans le pétrole et le gaz", dénonce Robert Palmer, un responsable de l'ONG écologiste Uplift.

Parlant de chiffres "obscènes", Rudy Schulkind, de Greenpeace, appelle à "taxer correctement ces bénéfices exceptionnels et à utiliser les recettes pour aider les ménages à faire face au coût de la vie, renforcer la résilience face aux phénomènes météorologiques extrêmes et propulser la transition vers une énergie propre et abordable".

L'ONG Oxfam évalue pour sa part qu'un impôt sur les profits des plus grandes entreprises de combustibles fossiles pourrait rapporter jusqu'à 400 milliards de dollars à l'échelle mondiale dès la première année.

Recul de la production gazière

Au cours du deuxième trimestre, le prix du brut a, de manière générale, évolué à des niveaux bien plus élevés qu'un an plus tôt, la guerre ayant perturbé l'offre mondiale.

Mais "ces effets ont été partiellement contrebalancés par des volumes plus faibles, principalement en raison de l'impact du conflit au Moyen-Orient sur les volumes qataris, ainsi que par des marges plus faibles dans les Lubrifiants", indique Shell.

Le site de Ras Laffan, dans le nord du Qatar, plus grand pôle de liquéfaction de gaz au monde, a souffert de dommages importants après avoir été pris pour cible à plusieurs reprises depuis le début de la guerre.

Shell avait prévenu début juillet d'un net recul de sa production gazière au deuxième trimestre. Celle-ci est ressortie à 631.000 barils équivalent pétrole par jour, contre 909.000 au premier trimestre.

"Les niveaux records de production au Brésil et l'excellent taux d'utilisation des raffineries ont permis de compenser en partie les perturbations de production au Moyen-Orient", explique Keith Bowman, analyste chez interactive investor.

Mais "l'augmentation de l'inflation liée à la flambée des prix de l'énergie pourrait désormais pousser les taux d'intérêt à rester plus élevés plus longtemps, ce qui pèserait sur l'activité économique et réduirait la demande d'énergie", prévient l'analyste.

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